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L’Europe est faible. Il a été retiré des négociations entre la Russie et les États-Unis sur l’Ukraine. Entretien avec Wolfgang Ischinger

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D’où la frustration des dirigeants élus dont le rôle est de protéger la population. Une situation qui a donné lieu à des affrontements et a amené les gens à apprendre certains termes français : Emmanuel Macron a promis d' »exaspérer » – pour employer un terme chevaleresque – ses compatriotes qui continuent de refuser le vaccin.

Une autre crise, qui dure depuis des années, a atteint son paroxysme en janvier. Dans l’est de l’Ukraine, les troupes sont toujours en état d’alerte car elles craignent une invasion russe.

Au cours de la semaine qui vient de s’achever, Josep Borrell s’est rendu à Donbas, le premier voyage d’un responsable de la politique étrangère de l’UE depuis le début du conflit en 2014.

M. Borrell est également en colère contre Washington et Moscou, qui ne veulent pas que l’UE participe aux discussions diplomatiques visant à apaiser la crise ukrainienne.

Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de l’UE : « Il n’y a pas que deux acteurs dans ce dialogue. Il n’y a pas que les États-Unis et la Russie. Si nous voulons parler de sécurité en Europe, les Européens doivent aussi être à la table des négociations. »

L’Union européenne ne peut se permettre d’être tenue à l’écart du processus. Tout conflit dans le voisinage européen a des répercussions sur la sécurité de l’Union et toute sanction économique pourrait lui nuire. Les pays européens restent divisés sur la marche à suivre.

Lors d’un voyage à Washington, le nouveau ministre allemand des affaires étrangères, M. Baerbock, a lancé un nouvel avertissement au Kremlin : « Les actions et activités russes ont un prix. Et une violation répétée de la souveraineté ukrainienne par la Russie aurait de graves conséquences. »

Cette semaine, à Genève, les États-Unis et la Russie discuteront du pouvoir réel sur l’Ukraine, mais sans la participation des Européens. Pour y voir plus clair, nous nous tournons vers un expert en diplomatie mondiale.

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Nous avons interviewé Wolfgang Ischinger, président de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Euronews : Quelles sont vos attentes concernant les prochaines négociations entre Washington et Moscou sur l’Ukraine ?

Wolfgang Ischinger : Je pense que nous devons espérer que c’est le début et non la fin de la diplomatie, que nous nous remettrons, avec la Russie participant aux pourparlers et aux négociations, et que nous finirons par nous mettre d’accord sur un avenir commun de ce que nous pourrions appeler une architecture de sécurité européenne.

Euronews : Bruxelles veut faire partie de ces négociations, mais Biden et Poutine ne sont pas intéressés : est-ce un autre signe de la faiblesse de l’Europe sur la scène mondiale ? Si c’est le cas, comment cela peut-il être changé ?

Wolfgang Ischinger : Il ne fait aucun doute que l’Europe est faible. Nous sommes un groupe de 27 nations. Il est possible que nous parlions du commerce à l’unisson. Mais quand il s’agit de politique étrangère, tout le monde veut utiliser le veto. Il est très difficile pour l’Union européenne de vraiment parler d’une seule voix sur presque toutes les questions de politique étrangère et d’être respectée comme un acteur international important.

En d’autres termes, nous ne pouvons pas rivaliser avec les puissances nucléaires. Et c’est pourquoi il me semble parfaitement naturel qu’il y ait maintenant un mouvement d’ouverture, une série de discussions d’ouverture entre les États-Unis et la Russie. Mais, bien sûr, une chose doit être claire : l’avenir de la sécurité européenne ne peut pas se décider sur la tête des Européens. Il ne peut être décidé en l’absence de ceux qui sont membres de l’Union européenne, ou des membres européens de l’OTAN.

Euronews : Vous avez proposé la création d’un super ministre européen de la défense. Pourquoi l’UE a-t-elle besoin d’une telle autorité ?

Wolfgang Ischinger : Chaque fois qu’une nouvelle loi et une nouvelle règle sont proposées, y a-t-il quelqu’un qui examine si cette règle est compatible avec nos objectifs climatiques ? Pouvons-nous faire ce que nous avons promis sur le climat si nous mettons en œuvre cette législation particulière ? Mon idée est qu’avant que l’Union européenne n’adopte une future législation ou un futur règlement, ce super-ministre de la défense devrait jeter un coup d’œil au texte, en ayant le droit d’exprimer son point de vue et en se demandant tout d’abord si ce projet est compatible avec les intérêts de sécurité ?

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Euronews : Vous dirigez la Conférence sur la sécurité de Munich 2008, la prochaine édition sera votre dernière en tant que président. Le monde a changé de façon spectaculaire au fil des ans : quel sera le plus grand risque de sécurité à l’avenir ?

Wolfgang Ischinger : Nous, les nations occidentales et démocratiques, sommes menacées. Nous sommes sur la défensive. Le nombre de pays dirigés par des gouvernements démocratiques légitimes n’a jamais été aussi bas au cours des vingt dernières années. Nous devons essayer de renforcer les pays démocratiques libres du monde. C’est notre avenir. C’est important pour nos enfants.

Le début de la nouvelle année n’a pas seulement été marqué par les anciens conflits. Il y avait aussi de vieilles traditions qui ont été ravivées après une pause covide. Retour dans les rues de Madrid Parade des Rois MagesLes enfants de la capitale espagnole et les adultes y trouveront leur compte.

Bien sûr, un protocole de pandémie était en place, mais 7 000 spectateurs ont été admis, et les billets se sont vendus en douze minutes.

Ceux qui n’ont pas eu de siège ont pu regarder la parade à la télévision chez eux. On espère maintenant que ce spectacle n’est que le début d’un retour à la normale en Espagne et dans le reste du monde. (Rador)

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25 ans et depuis 3 ans dans le Digital, je rédige aussi vite que mon ombre ^^ Fan de Rugby et de boxe, j'aime aussi l'Art et la Littérature !