Accueil Internationales Quand Poutine envahira l’Ukraine. Le leader du Kremlin a tous les as

Quand Poutine envahira l’Ukraine. Le leader du Kremlin a tous les as

82
0

Lors de l’une de ses rares apparitions publiques, le dirigeant américain a semblé se débattre avec les difficultés techniques de la vidéoconférence, ce qui a incité Vladimir Poutine à réprimer un petit rire compatissant. À en juger par le résultat, Poutine n’a pas grand-chose à craindre d’un dirigeant américain qui s’efforce toujours de regagner sa crédibilité après son désastreux retrait d’Afghanistan.

Bien que la Maison Blanche ait tenté de présenter cette réunion de deux heures sous un jour positif, affirmant que M. Biden a explicitement averti M. Poutine de ne pas envahir l’Ukraine, le président russe n’y aura rien entendu qui puisse le décourager de persister dans son attitude de confrontation avec l’Occident.

Biden a fait une énorme faveur à son homologue russe en acceptant la réunion en premier lieu. Rien ne ravit plus le despote russe que de se mêler aux dirigeants des grandes puissances. Cela lui permet d’améliorer son image de « leader fort », avec laquelle il soutient sa base électorale dans son pays.

En outre, il est peu probable que M. Poutine ait été consterné par la menace de Washington de riposter par des « mesures économiques et autres mesures énergiques » si la Russie envahit effectivement l’Ukraine. Il est certain que le retrait de la Russie du système bancaire SWIFT, l’une des options envisagées, causerait des difficultés extrêmes à Moscou. Mais cela entraînerait également des perturbations pour le reste de l’Europe.

Un bluff massif de Poutine

Quant aux nouvelles sanctions, Poutine les a déjà toutes vues, et l’économie russe a déjà procédé à des ajustements structurels pour atténuer l’impact des sanctions introduites en représailles aux précédents manquements de la Russie, comme l’invasion de la Crimée et l’attaque aux armes chimiques de Salisbury.

Lire aussi :  L'UE au bord de l'effondrement ? Les fonctionnaires de Bruxelles sont furieux. Le succès du Brexit les rend nerveux

Le problème majeur, du moins du point de vue de l’Occident, est que les accusations largement relayées par les médias selon lesquelles la Russie envisage d’envahir son voisin du sud – avec quelque 100 000 soldats déployés à la frontière orientale de l’Ukraine – pourraient n’être rien d’autre qu’un bluff massif de la part de M. Poutine, dans le seul but de semer encore plus d’animosité et de discorde dans les rangs de l’alliance occidentale.

Au cours de ses deux décennies au pouvoir, le principal objectif de M. Poutine a été d’affaiblir les démocraties occidentales, qu’il rend responsables de l’effondrement de l’ancienne Union soviétique.

À cette fin, les espions russes ont infiltré des institutions clés telles que l’UE et l’OTAN. Ce n’est qu’en octobre dernier que l’OTAN a expulsé huit « diplomates » russes qui se sont avérés être des agents secrets. Plus récemment, Moscou a participé à la fabrication de la crise migratoire en Europe de l’Est, et le renforcement militaire à la frontière ukrainienne n’est considéré que comme une nouvelle provocation envers l’Occident.

Il faut reconnaître que M. Poutine a fait preuve d’une certaine habileté sur la question ukrainienne, puisqu’il est parvenu à créer un scénario dans lequel les ressources combinées en matière de renseignement de ce que l’on appelait autrefois l’alliance occidentale semblent incapables de deviner les véritables intentions de la Russie.

En 1979, l’URSS a lancé son invasion de l’Afghanistan la veille de Noël.

Après la catastrophe en Afghanistan, il est clair que l’administration Biden ne peut plus se permettre un autre désastre en matière de politique étrangère, ce qui peut expliquer pourquoi les responsables américains ont passé les dernières semaines à publier des rapports alarmants selon lesquels Moscou prépare une invasion à grande échelle de l’Ukraine après le Nouvel An.

Lire aussi :  Restauration de la "Ronde de nuit" de Rembrandt

Les incursions russes pendant la période des fêtes ne sont pas sans précédent. En 1979, l’URSS a lancé son invasion de l’Afghanistan la veille de Noël. Et vu la facilité avec laquelle le Kremlin s’est emparé du territoire de la Géorgie en 2008 et de la Crimée en 2014, l’Occident doit se méfier et veiller à ce que Moscou ne cherche pas à exploiter les signes de faiblesse occidentale pour annexer de nouveaux territoires.

Dans ce contexte, le leadership américain est le bienvenu, car en temps de crise, l’Europe a toujours attendu des initiatives claires et fermes de Washington. De plus, alors qu’un nouveau gouvernement vient de prêter serment en Allemagne, que le président français Emmanuel Macron est distrait par les questions de réélection et que le Royaume-Uni peine à définir son destin post-Brexit, il ne fait guère de doute que M. Poutine est convaincu que le moment est opportun pour exploiter la faiblesse de l’Occident.

Malgré tout, il est difficile de croire que M. Poutine n’aura pas compris qu’une invasion totale de l’Ukraine pourrait s’avérer catastrophique pour Moscou. L’armée ukrainienne s’est considérablement modernisée depuis 2014 et sa résistance serait féroce, peut-être même avec le soutien actif de l’Occident. Dans le même temps, Moscou pourrait dire adieu à l’approbation du gazoduc controversé Nord Stream 2, ce qui causerait de sérieux dommages à l’économie russe.

Même si M. Poutine se délecte de ses pitreries, il n’est pas du tout un imbécile, c’est pourquoi il est parfaitement plausible que la concentration des forces de Moscou ne soit finalement qu’un stratagème élaboré destiné à jouer sur les nerfs des Européens inquiets. (Rador)

Article précédentMatteo Berrettini : « Maintenant, je vais bien et je veux tout récupérer ».
Article suivantFeliciano Lopez espère devenir un jour capitaine de l’équipe espagnole de Coupe Davis
25 ans et depuis 3 ans dans le Digital, je rédige aussi vite que mon ombre ^^ Fan de Rugby et de boxe, j'aime aussi l'Art et la Littérature !