Deux syndicats dénoncent le montage et le cadrage du 20 heures
Les sections CGT et CFDT de France Télévisions ont publié, le 20 octobre, des communiqués séparés visant la couverture par France 2 des manifestations lycéennes et du 17 octobre. Dans des textes relayés par l'agence Anadolu, les syndicats reprochent en particulier à l'édition du 20 heures du 18 octobre un montage qu'ils jugent centré sur les violences et insuffisamment consacré aux revendications des manifestants.
La CGT, qui signe un communiqué intitulé « Sous les pavés, la propagande ! », critique un segment présenté comme « Au cœur des violences » et déplore, selon son texte, « 12 minutes d’images de casse jusqu’à la nausée ». Le syndicat estime que les propos et les revendications des manifestants ont été largement passés sous silence et dénonce le montage précédant l'intervention de Jean-Luc Mélenchon, qui, toujours d'après la CGT, a été présenté hors du contexte de sa réponse.
« Tant pis pour les revendications des manifestants, on ne les entendra pas. » — CGT France Télévisions (communiqué)
La CFDT, pour sa part, juge que l'édition spéciale consacrée aux « violences » a franchi « une ligne rouge déontologique ». Dans son tract intitulé « Tout feu, tout flamme », le syndicat indique que, sur les 48 minutes d'émission (hors allocution présidentielle), moins de deux minutes auraient été consacrées aux revendications lycéennes et aux manifestations massives qui ont rassemblé, selon les syndicats, plus de 600 000 personnes dans les rues de France (chiffre cité dans le tract).
Ce que réclament les syndicats et les suites possibles
La CGT demande des « réponses claires du directeur de l'information » et va jusqu'à écrire que « toute l’équipe du 20h du 18 octobre a failli et doit démissionner ». La CFDT annonce, elle, son intention de saisir la commission de déontologie de France Télévisions pour que la régulation interne s'empare de la question.
- Accusation principale : focalisation excessive sur les images de violence au détriment des explications des revendications.
- Point de tension : montage préalable à l'intervention de Jean-Luc Mélenchon, selon la CGT.
- Demande : audition et explications du directeur de l'information ; saisie de la commission de déontologie (CFDT).
Enjeux pour France Télévisions et l'information publique
La critique émane de deux organisations représentatives au sein de l'entreprise. Elle pose à nouveau la question du cadre et des choix éditoriaux lors de la couverture d'événements sociaux où se mêlent manifestations pacifiques et violences isolées : comment équilibrer le besoin d'informer sur les désordres visibles sans occulter les motifs de la mobilisation ?
Sur le plan institutionnel, la saisie annoncée de la commission de déontologie signifierait une instruction interne qui pourrait conduire à un rappel des règles, à des recommandations sur les pratiques de montage ou, selon l'issue, à des suites disciplinaires. Les syndicats demandent également une réaction publique de la direction de l'information; à ce stade, aucun élément du communiqué d'Anadolu n'indique de réponse officielle de France 2.
| Acteurs | Exigence |
|---|---|
| CGT France Télévisions | Réponses du directeur de l'information ; démission de l'équipe du 20h du 18/10 (communiqué) |
| CFDT France Télévisions | Saisine de la commission de déontologie ; examen du montage et du traitement éditorial |
| France 2 | Pas de réponse publique mentionnée dans le communiqué relayé par Anadolu |
Cette affaire s'inscrit dans un débat récurrent sur la confiance envers les médias et la nécessité d'une déontologie visible et contrôlée au sein des rédactions, particulièrement au sein d'un service public. Les suites dépendront des échanges internes à France Télévisions et, éventuellement, des conclusions de la commission de déontologie si la CFDT formalise sa saisine.