La contestation visant CNews franchit un nouveau seuil. La pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français », déposée le 10 juin 2026 sur la plateforme de pétitions citoyennes de l’Assemblée nationale, avait recueilli plus de 300 000 signatures samedi 31 octobre, selon les chiffres rapportés par 20 Minutes. Le texte réclame le retrait de l’autorisation de diffusion de la chaîne du groupe Canal+, contrôlé par Vincent Bolloré.
La dynamique s’est concentrée sur une période très courte. D’après 20 Minutes, le document rassemblait encore environ 45 000 soutiens mercredi 28 octobre. Il a ensuite dépassé successivement les seuils de 100 000, puis de 300 000 signatures en moins de deux jours. Cette progression intervient après l’attentat raciste de Trappes, auquel plusieurs médias ont également relié le regain d’attention porté à la pétition.
Un texte qui met en cause la ligne éditoriale de CNews
Les signataires accusent la chaîne de diffuser des propos racistes, de relayer des informations fausses et de contribuer à la banalisation des idées d’extrême droite. Le texte affirme que CNews « n’est pas une chaîne d’information » mais « une machine de propagande ». Ces appréciations relèvent de la position défendue par les auteurs de la pétition et ne constituent pas une décision des autorités de régulation.
La pétition cite également plusieurs séquences controversées diffusées à l’antenne, dont des propos visant Aya Nakamura et Rima Hassan. Elle mentionne aussi une séquence au cours de laquelle le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, aurait été comparé à un singe par un invité de la chaîne. Les griefs avancés s’appuient enfin sur le bilan attribué à l’Arcom par les pétitionnaires :
« 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes »
Ces chiffres sont ceux avancés dans le texte de la pétition et repris par 20 Minutes ; ils portent sur les sanctions et rappels à l’ordre attribués à CNews depuis 2019. Leur présence dans le document ne préjuge pas, à elle seule, de l’issue des procédures ni d’une éventuelle décision future concernant la chaîne.
Une procédure qui ne permet pas, à elle seule, de fermer la chaîne
Le franchissement de 300 000 signatures ne déclenche pas automatiquement un examen en séance publique. La plateforme de l’Assemblée nationale prévoit qu’un débat puisse être envisagé lorsque le seuil de 500 000 signatures est atteint, à condition que les soutiens proviennent d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Même dans ce cas, l’organisation d’un débat n’est pas automatique.
| Élément | Situation indiquée |
|---|---|
| Date de dépôt | 10 juin 2026 |
| Signatures annoncées | Plus de 300 000 au 31 octobre 2026 |
| Seuil pour envisager un débat | 500 000 signatures |
| Condition territoriale | Au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer |
La pétition ne peut donc pas, par elle-même, retirer CNews de la TNT. Le contrôle des obligations imposées aux chaînes de télévision et la décision concernant leur autorisation de diffusion relèvent de l’Arcom. Le débat porte ainsi sur deux niveaux distincts : la mobilisation citoyenne autour du positionnement éditorial de la chaîne et la procédure réglementaire applicable à son autorisation.
- La pétition demande le retrait de la fréquence TNT de CNews.
- Le seuil de 500 000 signatures est nécessaire pour qu’un débat parlementaire puisse être envisagé, sous conditions.
- L’Arcom reste l’autorité compétente pour contrôler les obligations de la chaîne et son autorisation de diffusion.
Le franchissement des 300 000 signatures donne une visibilité nationale à la contestation, mais il ne modifie pas immédiatement le statut de CNews. Toute évolution dépendrait d’abord de la poursuite de la mobilisation selon les critères de la plateforme parlementaire, puis des décisions des institutions compétentes.