Une technique d'ingénierie sociale destinée à récupérer l'accès aux comptes
Une campagne d'arnaques se propage actuellement sur WhatsApp en France et dans plusieurs pays d'Europe, selon des signalements relayés par l'AFP et des médias locaux. Le message type invite le destinataire à « voter en ligne » pour la fille d'un ami — souvent nommée « Sophie » ou « Eliska » — et contient un lien redirigeant vers un site de vote factice. Une fois sur le site, l'utilisateur est invité à saisir son numéro de téléphone puis reçoit une notification WhatsApp sollicitant l'autorisation d'une nouvelle connexion : la manœuvre permet alors aux auteurs de prendre le contrôle du compte ciblé et d'escroquer ensuite les contacts.
"A priori, ça a beaucoup augmenté depuis le week-end", a précisé à l'AFP Jérôme Notin, directeur général de Cybermalveillance.
Ce qui change pour les utilisateurs
Concrètement, la campagne exploite deux leviers : la confiance entre contacts (les messages semblent provenir d'amis) et la fonctionnalité de restauration/autorisation de WhatsApp qui utilise un code SMS ou une notification dans l'application. Les conséquences pour la victime sont :
- perte d'accès à son compte WhatsApp ;
- utilisation du compte usurpé pour demander de l'argent aux proches ;
- risque de diffusion de liens malveillants supplémentaires depuis le profil piraté.
Un procédé déjà documenté mais revenu en force
Cette méthode n'est pas entièrement nouvelle : la société de cybersécurité Kaspersky avait décrit un schéma similaire en septembre 2025. Les enquêtes et alertes actuelles montrent toutefois une recrudescence des cas signalés en France, en Espagne et en Belgique. Les variantes du message et des sites de vote rendent la détection plus difficile pour les utilisateurs et pour les systèmes automatiques.
Bonnes pratiques et limites des protections
Les organismes de prévention comme Cybermalveillance rappellent quelques mesures immédiatement applicables :
- ne pas cliquer sur des liens reçus dans des messages inattendus, même de contacts ;
- activer la validation en deux étapes (PIN) proposée par WhatsApp ;
- vérifier directement auprès de l'expéditeur par un autre canal (appel ou SMS) avant de suivre une demande inhabituelle ;
- signaler et bloquer les numéros suspects via l'application.
Cependant, ces protections ont des limites : si l'attaquant réussit à valider la connexion via le code reçu par SMS, l'accès peut être perdu avant que la victime n'ait le temps de réagir. De plus, la confiance induite par un message envoyé depuis un contact déjà enregistré augmente le taux de clics et de compromis.
Que fait WhatsApp ?
Le texte source signale la circulation et l'augmentation des signalements mais ne publie pas de réponse officielle de WhatsApp. Les utilisateurs restent donc dans l'attente de mesures de la plateforme pour limiter la propagation des liens malveillants et renforcer la friction autour des réinitialisations de connexion. Les autorités et plate‑formes ont, ces dernières années, renforcé leur coopération pour lutter contre les campagnes d'escroquerie ; ici, la traçabilité des sites de vote factices et la suppression rapide des liens sont des leviers clés.
| Élément | Conséquence |
|---|---|
| Message « votez pour Sophie / Eliska » | Incitation au clic via confiance relationnelle |
| Site de vote factice | Collecte du numéro et déclenchement d'une notification WhatsApp |
| Autorisation de connexion | Prise de contrôle du compte et usurpation d'identité |
Les services de cybersécurité publics et privés appellent à la vigilance : ces campagnes d'usurpation ciblent la confiance interpersonnelle, un vecteur difficile à enrayer par des solutions purement techniques. Pour les utilisateurs, la meilleure protection reste la prudence et l'activation systématique des verrous disponibles dans l'application.