Orange a annoncé avoir arrêté, le 20 octobre 2026, son réseau 2G dans les 43 derniers départements métropolitains où il restait actif. Cette étape marque la quasi‑disparition d'une norme mobile lancée dans les années 1990 et ouvre la voie au recyclage des fréquences pour les réseaux plus récents, notamment la 4G et la 5G.
Une bascule planifiée mais massive
Selon le communiqué d'Orange relayé par Numerama, la coupure concerne 43 départements de métropole, de la Normandie à la Gironde. L'opérateur précise que quelques territoires, comme Mayotte, bénéficieront d'un calendrier différent (extinction prévue le 31 décembre 2026), et que les zones blanches réglementaires verront la 2G arrêtée entre le 1er et le 15 décembre 2026.
« la 2G ... ne répond plus aux exigences actuelles en matière de connectivité » — Orange (communiqué)
Orange invoque des motifs techniques et environnementaux pour justifier ce choix, en reprenant notamment des estimations de la Fédération française des télécoms selon lesquelles un gigaoctet transmis en 2G consommerait jusqu’à 500 fois plus d’énergie qu’en 5G, et en soulignant l'intérêt de réallouer les fréquences à des usages plus modernes.
Combien d'équipements encore concernés ?
L'Arcep, citée par Numerama, chiffrait fin juin 2026 à 1,06 million le nombre de cartes SIM utilisées dans des téléphones ou tablettes ne supportant que la 2G. S'y ajoutaient 620 000 cartes SIM insérées dans des objets connectés — alarmes, téléassistance, télésurveillance — soit près de 1,7 million de cartes SIM au total qui devaient migrer vers des technologies plus récentes ou être remplacées.
| Catégorie | Nombre de SIM (fin juin 2026) | Source |
|---|---|---|
| Téléphones et tablettes 2G | 1,06 million | Arcep (observatoire, 24 septembre 2026) |
| Objets connectés (alarm, télésurv.) | 620 000 | Arcep (observatoire, 24 septembre 2026) |
| Total | ~1,7 million | Arcep |
Conséquences pour les abonnés et les équipements
- Les terminaux incapables de capter la 4G ou la 5G ne pourront plus téléphoner ni envoyer de SMS sur le réseau d'Orange (et sur celui de Free lorsqu'il s'appuie sur Orange) dans les zones où la 2G est éteinte.
- Les objets connectés utilisant uniquement la 2G (téléassistances, alarmes, boîtiers télésurveillance) sont concernés et nécessitent soit une migration de la carte SIM, soit le remplacement du matériel par des modèles compatibles 4G.
- Sur le plan industriel, les fréquences libérées seront redéployées pour renforcer la capacité et l'efficacité énergétique des réseaux 4G/5G.
Orange indique que la transition a été préparée sur plusieurs années, avec des campagnes d'information pour les clients et des actions de migration. L'Arcep avait, de son côté, pressé les opérateurs d'accélérer la migration vers la 4G depuis plusieurs mois.
Les autres opérateurs suivront
Numerama précise que SFR et Bouygues Telecom prévoient d'éteindre leurs réseaux 2G d'ici la mi‑décembre 2026. Le calendrier global de disparition de la 2G en France dépend donc désormais de ces prochains arrêts, qui doivent être coordonnés pour limiter les impacts sur les abonnés et les services critiques.
Enjeux de sécurité et d'accessibilité
La disparition de la 2G pose des enjeux opérationnels pour les dispositifs de sécurité et d'assistance qui dépendaient de cette norme. Les responsables d'établissements, les collectivités et les professionnels de la télésurveillance sont appelés à vérifier la compatibilité de leurs équipements et à planifier des remplacements si nécessaire. Les opérateurs, pour leur part, doivent accompagner les clients les plus fragiles dans cette transition.
Sur le plan sectoriel, l'extinction de la 2G clôt une page technique et marque une accélération vers des réseaux plus performants et, selon les opérateurs, plus économes en énergie. Reste à mesurer, dans les prochaines semaines, l'efficacité des mesures d'accompagnement et l'ampleur des remplacements d'équipements que cette bascule va générer.