Samsung Electronics et SK Hynix ont engagé des travaux de modernisation sur des lignes de production en Chine afin de fabriquer des puces mémoire NAND plus performantes, a rapporté Reuters.
Des usines adaptées à des puces à couches accrues
Selon les informations publiées, Samsung prévoit de transformer son site de Xi’an (nord-ouest de la Chine) pour produire la génération de NAND dite V9, composée de 286 couches, d'ici 2027. L'installation fabrique aujourd'hui des puces d'environ 200 couches et représente, toujours d'après Reuters, près de 40% de la production mondiale de NAND du groupe.
Dans le cadre d'un projet interne nommé « Monami », Samsung viserait une montée en cadence graduelle : une production mensuelle de 5 000 wafers en fin d'année, pour atteindre 40 000 wafers par mois à l'horizon décembre 2027, d'après des sources citées par Reuters. Le constructeur a indiqué que ces travaux respectent les règles américaines d'exportation et a précisé qu'il ne s'agissait pas d'augmenter la capacité globale ni de construire de nouvelles usines.
SK Hynix vise aussi des produits à plus fort empilement
SK Hynix prévoit, pour sa part, d'adapter l'usine de Dalian afin de passer de puces à 192 couches à des produits comportant au moins 240 couches. Le groupe dispose, selon Reuters, d'une autorisation pour fabriquer jusqu'à 240 couches sur ce site et pourrait solliciter des validations américaines pour des activités de R&D ciblées.
- Objectif technique : produire des NAND à 240–286 couches pour répondre aux besoins croissants, notamment liés aux centres de données dédiés à l'IA.
- Contraintes réglementaires : les restrictions américaines sur certains équipements influencent les décisions d'investissement.
- Position stratégique : ces modernisations cherchent à contrer la concurrence locale, notamment Yangtze Memory Technologies.
Un contexte géopolitique et industriel serré
Ces évolutions interviennent alors que Washington a durci, en 2025, les règles encadrant les exportations d'équipements d'origine américaine vers la Chine. Les fabricants sud-coréens doivent désormais solliciter des licences annuelles pour installer certains matériels américains dans leurs usines chinoises. Reuters rapporte que les autorités américaines ont indiqué en 2025 qu'elles n'entendaient pas approuver des licences destinées à des mises à niveau technologiques ou à l'expansion des capacités dans les installations chinoises existantes.
Pour Samsung et SK Hynix, la modernisation de sites déjà opérationnels est une voie pour continuer à servir une clientèle mondiale — y compris des clients situés aux États-Unis — tout en respectant les contraintes réglementaires. Les groupes insistent sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une extension de capacités mais d'une adaptation technologique des lignes existantes.
| Entreprise | Site en Chine | État actuel (couches) | Objectif (couches) |
|---|---|---|---|
| Samsung | Xi’an | ~200 | 286 (V9) d'ici 2027 |
| SK Hynix | Dalian | 192 | ≥240 |
Conséquences pour l'industrie
Ces modernisations visent à répondre à une demande accrue de mémoire pour les infrastructures d'intelligence artificielle et les centres de données. Elles témoignent aussi de la tension entre impératifs commerciaux et restrictions technologiques imposées par des régimes d'exportation. En privilégiant la mise à niveau d'installations existantes plutôt que la construction de nouvelles usines, Samsung et SK Hynix cherchent à maintenir leur présence industrielle en Chine sans enfreindre les règles américaines, selon Reuters.
Reste à voir si ces choix suffiront à préserver les chaînes d'approvisionnement internationales face à l'intensification de la concurrence nationale chinoise et aux incertitudes géopolitiques.