LCI a confirmé mardi 20 octobre 2026 avoir mis « jusqu’à nouvel ordre » à l'écart l'ancien instructeur du Raid et consultant médiatique Bruno Pomart, après une séquence diffusée samedi 17 octobre, jugée controversée par une partie de l'opinion publique et largement commentée sur les réseaux sociaux, rapporte Libération.
Une séquence qui alimente l'indignation en ligne
Lors d'une émission consacrée aux manifestations et aux violences survenues en marge d'une mobilisation sociale, Bruno Pomart, régulièrement invité sur les plateaux d'information — mais, selon LCI, « n’était pas contractualisé » — a prononcé des propos qui ont été massivement relayés et critiqués. D'après Libération, la phrase entendue par les internautes a été interprétée comme désignant certains manifestants comme « des révolutionnaires d'Allah ». Ces propos ont été relevés et commentés sur les réseaux sociaux, provoquant une réaction de la chaîne.
La chaîne réagit et invoque la nécessité de clarification
Sur son compte X, LCI a d'abord adopté une posture prudente :
« Lors de la couverture des manifestations et des violences de samedi, des propos ont été tenus à l’antenne de LCI qui prêtent à confusion. Interrogé par nos soins, Bruno Pomart nous certifie que le sens et l’interprétation qui en sont faits ne correspondent pas aux mots qu’il a prononcés. La chaîne tient à rappeler que si ces propos avaient été tenus, ils ne correspondraient en aucun cas aux valeurs de LCI. » — LCI, sur X
Finalement, la direction a tranché en suspendant la convocation de Bruno Pomart « jusqu’à nouvel ordre », selon Libération. La chaîne précise que l'intéressé n'était pas lié par un contrat régulier.
La version de Bruno Pomart et la controverse sur le montage
Interrogé après la décision, Bruno Pomart a contesté la formulation qui lui est reprochée, affirmant que ses propos ont été tronqués lors des montages destinés aux réseaux sociaux. Toujours selon Libération, il assure avoir dit : « Des révolutionnaires d’à la Che Guevara » et appelle à ne pas couper sa phrase hors contexte pour « faire du buzz ». Il déplore d'avoir été « exclu » alors que, à son dire, « son propos n’a aucun rapport avec ce que l’on [lui] reproche ».
Enjeux éditoriaux : modération, image et responsabilité des plateaux
Cette affaire illustre plusieurs tensions récurrentes pour les chaînes d'information :
- Contrôle de l'antenne : comment réguler les interventions de consultants non contractualisés qui disposent d'une forte exposition médiatique ?
- Montage et viralité : la circulation rapide d'extraits sur les réseaux sociaux peut amplifier une phrase sortie de son contexte et imposer une réaction publique immédiate des rédactions.
- Valeurs et réputation : les chaînes cherchent à préserver leur image en rappelant que certains propos ne correspondent pas à leurs principes éditoriaux, comme l'a fait LCI.
Calendrier et conséquences possibles
La suspension annoncée est de nature provisoire : LCI a indiqué qu'il s'agit d'une mise à l'écart « jusqu’à nouvel ordre ». Il reste à savoir si la chaîne ouvrira une enquête interne, publiera un correctif, ou si Bruno Pomart sera réinvité après clarification. Pour l'instant, aucune action judiciaire n'est mentionnée par Libération.
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 20/10/2026 | LCI annonce l'écartement de Bruno Pomart « jusqu’à nouvel ordre » | Libération |
| 17/10/2026 | Propos de Bruno Pomart jugés « prêtant à confusion » et relayés sur les réseaux | Libération |
La décision de LCI s'inscrit dans un contexte où les chaînes d'information jonglent entre réactivité face à l'opinion publique et exigence de vérification contextuelle. Elle rappelle aussi la fragilité du statut des consultants médiatiques : sans contrat formel, leur présence peut être interrompue rapidement, au prix toutefois d'un débat public sur la liberté d'expression, la déontologie et la méthode de diffusion des extraits télévisés.
Suivant l'évolution du dossier, plusieurs questions restent ouvertes : LCI publiera-t-elle un compte rendu détaillé de sa décision ? Les autres chaînes qui recevaient Bruno Pomart (BFM, CNews, selon Libération) modifieront-elles leur pratique d'invitation ? Ces points conditionneront l'impact durable de cette affaire sur les pratiques des plateaux d'information.