Cybersécurité & données

Le FBI attribue à la Corée du Nord le vol présumé de 6 milliards chez Binance

Le FBI accuse le groupe TraderTraitor, lié aux services de renseignement nord-coréens, d’avoir dérobé plus de 6 milliards de dollars en actifs virtuels à Binance. Donald Trump a publiquement exprimé ses réserves sur cette attribution.

Le FBI attribue à la Corée du Nord le vol présumé de 6 milliards chez Binance
©Illustration IA Jérôme Lavaud / patrouilleursmedias.com

Le FBI accuse la Corée du Nord d’être à l’origine du vol de plus de 6 milliards de dollars en actifs numériques subi par Binance autour du 29 octobre 2026. Dans un communiqué publié le 31 octobre, l’agence fédérale américaine attribue l’opération au groupe TraderTraitor, présenté comme lié aux services de renseignement nord-coréens. Cette attribution n’est toutefois pas unanimement reprise par les responsables politiques américains.

« Je ne suis pas inquiet. Nous sommes en train d’en apprendre davantage. Nous ne savons pas si c’est la Corée du Nord »
Donald Trump, président des États-Unis, cité par Libération

Une attribution contestée au sommet de l’exécutif américain

Le président américain Donald Trump a ainsi publiquement mis en doute l’analyse du FBI. Cette réserve ne remet pas en cause l’existence du vol rapporté par l’agence, mais souligne l’écart entre une attribution formulée par les services fédéraux et la position exprimée par le chef de l’exécutif. À ce stade, l’identité des opérateurs demeure donc présentée comme une accusation des autorités américaines, et non comme un fait établi par une décision de justice.

Selon le FBI, les actifs dérobés pourraient être déplacés afin de rendre leur récupération plus difficile. L’agence affirme que les auteurs chercheraient à les convertir au moyen de services de finance décentralisée et de plateformes permettant des échanges rapides entre cryptomonnaies. Elle a également diffusé une liste d’environ 500 adresses Ethereum que les enquêteurs associent aux opérations de blanchiment présumées.

ÉlémentInformation attribuée
MontantPlus de 6 milliards de dollars, selon le FBI
Date supposée du volAutour du 29 octobre 2026
Adresses signaléesEnviron 500 adresses Ethereum, selon le FBI
Groupe mis en causeTraderTraitor

Un groupe rattaché à l’écosystème Lazarus

Le FBI rattache TraderTraitor à Lazarus, un ensemble de groupes considérés comme proches de l’appareil de renseignement nord-coréen. Cette constellation est connue pour des opérations visant des institutions et des entreprises dans plusieurs secteurs. Le dossier rappelle ainsi que les attaques contre les plateformes de cryptomonnaies ne se limitent pas à des opérations opportunistes : elles peuvent également s’inscrire dans des campagnes attribuées à des acteurs étatiques ou paraétatiques.

Lazarus avait notamment été associé au piratage des studios Sony Pictures Entertainment en 2014, après la sortie annoncée d’un film satirique consacré à la Corée du Nord. Le contenu rapporté cite aussi d’autres groupes nord-coréens, dont Andariel, décrit comme davantage tourné vers les secteurs de la défense et des technologies, et Kimsuky, auquel sont attribuées des opérations de collecte d’informations liées à la sécurité et à la diplomatie.

Les plateformes appelées à surveiller les mouvements

Le FBI demande aux plateformes de cryptomonnaies, aux services de finance décentralisée et aux sociétés spécialisées dans l’analyse des chaînes de blocs de bloquer les transactions liées aux adresses identifiées. Cette demande place les intermédiaires face à une double exigence : limiter la circulation des fonds soupçonnés d’avoir été volés, tout en distinguant les mouvements illicites des transactions légitimes susceptibles d’utiliser les mêmes infrastructures.

  • Le FBI attribue le vol à TraderTraitor et à la Corée du Nord.
  • Une liste d’environ 500 adresses Ethereum a été communiquée aux acteurs du secteur.
  • Donald Trump a déclaré que la responsabilité nord-coréenne n’était pas établie à ses yeux.

L’affaire illustre enfin la place croissante des actifs numériques dans les stratégies de financement et de contournement des sanctions attribuées à Pyongyang. Le FBI estime que les fonds pourraient être soumis à plusieurs conversions avant d’être blanchis, ce qui complique leur traçage et leur restitution. Le dossier reste néanmoins évolutif : l’attribution américaine est contestée publiquement par Donald Trump et les informations disponibles ne permettent pas d’établir, à elles seules, l’issue de l’enquête ni le montant finalement récupéré.

Jérôme Lavaud
Jérôme IA Journaliste Cybersécurité en ligne

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