Sequoia abandonne son implantation londonienne. Le fonds américain de capital-risque, qui avait ouvert ce bureau en septembre 2020, annonce sa fermeture dans une publication consacrée à l’évolution de sa stratégie. La décision met fin à une présence locale conçue pour accompagner les start-up européennes au plus près de leurs fondateurs et de leurs investisseurs.
Le retrait ne se limite pas à la fermeture des locaux. Trois des quatre associés rattachés à cette activité quittent la société de gestion : George Robson, Luciana Lixandru et le Français Julien Bek. Ils doivent toutefois continuer, pour le moment, à siéger aux conseils d’administration de start-up déjà présentes dans le portefeuille de Sequoia. Anas Biad rejoint de son côté l’équipe installée à San Francisco.
Un modèle européen progressivement réduit
Sequoia justifie cette réorganisation par l’absence de nécessité d’une équipe implantée sur place. Dans son message, le fonds distingue cette décision de la qualité de ses collaborateurs et affirme que le fonctionnement de l’investissement ne requiert plus une présence locale à Londres.
« Ce n'est pas une question d'équipe : celle-ci est excellente. Nous ne voyons tout simplement pas la nécessité d'une présence locale. »
Cette annonce intervient après plusieurs inflexions de la stratégie européenne. Sequoia avait déjà renoncé à son programme d’incubation ainsi qu’à son dispositif de scouts européens. Ce dernier permettait à des entrepreneurs et à des investisseurs sélectionnés de recevoir une enveloppe de plusieurs dizaines de milliers d’euros afin de financer de très jeunes start-up. Le mécanisme ne disparaît pas instantanément : Alexandre Berriche, présenté comme le dernier scout du réseau, doit encore investir la totalité de son allocation d’ici juin 2027.
Des participations européennes toujours suivies
La fermeture du bureau ne signifie donc pas que Sequoia abandonne immédiatement les entreprises européennes déjà financées. Le maintien temporaire de George Robson, Luciana Lixandru et Julien Bek dans les conseils des sociétés de leur portefeuille garantit une continuité de gouvernance, au moins pour les participations concernées. En revanche, le transfert d’Anas Biad à San Francisco et le départ des trois autres associés modifient le point d’ancrage opérationnel du fonds.
Le parcours des programmes supprimés ou réduits permet de mesurer la portée de ce changement. Le dispositif de scouts servait notamment à repérer des projets très en amont, avant les tours de financement les plus structurés. Sa fin progressive réduit un canal d’accès au financement pour cette catégorie de start-up, sans que Sequoia précise, dans son annonce, par quel dispositif il entend le remplacer.
- Septembre 2020 : ouverture du bureau londonien de Sequoia ;
- Trois associés quittent la société de gestion, tout en conservant provisoirement leurs mandats dans des start-up financées ;
- Juin 2027 : échéance prévue pour l’investissement complet de l’allocation du dernier scout européen.
| Élément | Évolution annoncée |
|---|---|
| Implantation | Fermeture du bureau de Londres |
| Équipe | Trois départs, un transfert vers San Francisco |
| Programmes | Incubation abandonnée, scouting européen en extinction |
Roxanne Varza, directrice de Station F, figurait parmi les participantes les plus actives du programme de scouts. Alexandre Berriche, également entrepreneur, a salué le travail accompli par l’équipe européenne de Sequoia et exprimé son intérêt pour la suite de ses activités en Europe. Le fonds ne fournit pas, dans cette annonce, de calendrier détaillé pour ses futurs investissements sur le continent ni de précisions sur l’organisation qui prendra le relais du bureau londonien.
Pour l’écosystème européen, le signal est significatif : un acteur qui avait choisi de formaliser sa présence au Royaume-Uni revient à une organisation davantage centralisée depuis les États-Unis. Les participations existantes restent suivies, mais l’abandon de plusieurs outils de détection et d’accompagnement des jeunes pousses indique un changement de méthode dans l’accès de Sequoia au marché européen.