Pierre Metzger, humoriste et chroniqueur de Radio Nova, a été convoqué par la police après une chronique diffusée le 14 octobre dans l’émission « La Riposte ». D’après les éléments rapportés par Blast et repris par TV Magazine, il est visé par une enquête portant sur des propos appelant à s’en prendre à Vincent Bolloré et Bernard Arnault, ainsi que sur la divulgation de leurs adresses supposées.
Une convocation reportée au commissariat
Le chroniqueur a indiqué dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux avoir reçu sa convocation le 29 octobre. Il devait être entendu dans le cadre d’investigations portant, selon les termes cités par Blast, sur une « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » et sur la diffusion d’informations personnelles susceptibles d’identifier ou de localiser une personne en l’exposant à un risque d’atteinte à ses biens ou à sa personne.
Pierre Metzger s’est présenté au commissariat, mais l’audition aurait finalement été repoussée à une date ultérieure. Un dirigeant du groupe Combat, propriétaire de Radio Nova, aurait lui aussi été convoqué le 2 novembre. À ce stade, les éléments rapportés ne permettent pas de préjuger des suites judiciaires de cette procédure ni d’établir une responsabilité pénale des personnes concernées.
« Il y a une dérive autoritaire dans ce pays et la liberté d’expression est mise à mal », a déclaré Pierre Metzger à Blast.
Contacté par Blast, l’humoriste a qualifié sa convocation de « tentative d’intimidation » et a affirmé qu’il ne « changera pas sa manière de faire de l’humour ». Il a également déclaré avoir subi un « cyberharcèlement organisé et coordonné de l’extrême droite » et envisagé de déposer plainte. Ces accusations relèvent de sa version des faits et n’ont pas, dans les éléments disponibles, donné lieu à une décision judiciaire.
La station retire la vidéo et prend ses distances
Radio Nova a rapidement marqué sa séparation avec la séquence. Dans un message cité par TV Magazine, la station a indiqué que les propos tenus dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ne correspondaient « ni aux valeurs ni à la ligne éditoriale de Radio Nova ». La vidéo a été supprimée de l’ensemble des comptes de la station.
Cette réaction place le groupe Combat face à une double question : celle de la responsabilité éditoriale d’un diffuseur lorsqu’une chronique franchit les limites fixées par le droit, et celle de la distinction entre une séquence humoristique et un appel susceptible d’être interprété comme une incitation à la violence. La convocation annoncée du dirigeant du groupe montre que l’enquête ne se limite pas nécessairement à l’auteur des propos, même si le rôle exact de chacun devra être établi par la procédure.
Un dossier au croisement de l’humour et du droit
Les faits rapportés s’inscrivent dans un contexte où la liberté d’expression protège la satire et la critique, sans faire disparaître les règles applicables aux appels à la violence ou à la diffusion de données personnelles. Dans cette affaire, les qualifications évoquées par Blast correspondent à des hypothèses d’enquête : elles ne constituent ni un jugement ni une condamnation. La station, de son côté, a choisi de retirer le contenu et de rappeler publiquement ses propres limites éditoriales.
- 14 octobre : diffusion de la chronique dans « La Riposte » sur Radio Nova ;
- 29 octobre : Pierre Metzger aurait reçu sa convocation ;
- 2 novembre : un dirigeant du groupe Combat aurait également été convoqué ;
- 4 novembre : l’affaire est rendue publique alors que l’audition du chroniqueur a été reportée.
| Acteur | Élément rapporté |
|---|---|
| Pierre Metzger | Chroniqueur et humoriste convoqué par la police |
| Radio Nova | Retrait de la vidéo et désolidarisation éditoriale |
| Groupe Combat | Un dirigeant aurait également été convoqué |
La suite dépendra désormais de la nouvelle date d’audition et des suites données aux investigations. Pour Radio Nova, le retrait de la vidéo constitue déjà une prise de position claire sur le contenu concerné. Pour Pierre Metzger, la procédure ouvre un débat sur la frontière entre provocation humoristique, responsabilité des antennes et protection des personnes visées.