L’Arcom a saisi la justice après plusieurs interventions d’Éric Zemmour diffusées sur LCI, BFMTV et CNews. Martin Ajdari, président du régulateur de l’audiovisuel, l’a annoncé mardi 3 novembre 2026 sur France Inter. Cette démarche intervient après des propos prononcés le 18 octobre, au lendemain de la journée du 17 octobre, que l’autorité considère comme susceptibles de relever de l’appel à la discrimination.
Le responsable n’a pas repris à l’antenne les formulations employées par l’intéressé. Il a toutefois expliqué que leur répétition et leur diffusion sur plusieurs chaînes avaient motivé la transmission aux procureurs de la République. L’Arcom ne se prononce pas ainsi sur une culpabilité : la qualification pénale éventuelle des propos appartient désormais à l’autorité judiciaire.
« La responsabilité des chaînes de télévision et de radio est d’assurer la maîtrise de l’antenne », a déclaré Martin Ajdari sur France Inter.
Sur LCI, Éric Zemmour a évoqué l’arrivée dans les villes de personnes qu’il a désignées comme maghrébines et africaines en employant une expression assimilant ces populations à des « hordes de barbares ». Sur BFMTV, il a utilisé une autre formule visant des personnes décrites comme « arabo-musulmanes ». Sur CNews, il a appelé à la « remigration » de personnes étrangères présentées comme responsables de pillages, ce qui renvoie, dans le récit rapporté, à leur expulsion.
Une procédure rare, selon le président du régulateur
Martin Ajdari a rappelé que l’Arcom peut signaler au parquet des propos qui lui paraissent contraires aux dispositions légales relatives, notamment, aux appels à la discrimination. Il a précisé qu’une telle saisine n’était « pas inédite », mais qu’elle demeurait relativement rare. L’intervention du régulateur porte donc sur la circulation de propos tenus à l’antenne et sur leurs conséquences possibles au regard du droit, sans préjuger de la suite judiciaire.
| Élément | Informations rapportées |
|---|---|
| Autorité | Arcom, représentée par son président Martin Ajdari |
| Personne concernée | Éric Zemmour, présenté comme possible candidat de Reconquête à l’élection présidentielle |
| Chaînes citées | LCI, BFMTV et CNews |
| Motif avancé | Répétition et proximité de propos susceptibles d’appeler à la discrimination |
Le rôle des chaînes remis au centre du débat
Le président de l’Arcom a également insisté sur la distinction entre la liberté d’inviter une personnalité et l’obligation de maintenir le contrôle éditorial de l’antenne. Selon lui, la loi ne permet pas au régulateur d’interdire à l’avance la présence d’un invité donné. En revanche, les chaînes et les radios doivent, lorsqu’un propos franchit les limites prévues par la loi, le contredire ou le nuancer.
- La saisine concerne des propos diffusés sur plusieurs antennes, et non une émission unique.
- L’Arcom renvoie à la justice l’examen de leur éventuelle portée pénale.
- Les diffuseurs restent responsables de la manière dont ils encadrent les interventions à l’antenne.
Cette affaire met ainsi en jeu deux niveaux de responsabilité. Éric Zemmour pourrait voir sa responsabilité individuelle examinée par la justice, tandis que les chaînes sont rappelées à leurs obligations de maîtrise de l’antenne. Martin Ajdari a par ailleurs mentionné les condamnations déjà prononcées dans le passé contre Éric Zemmour pour incitation à la discrimination, à la haine ou à l’injure raciale, sans que ces antécédents ne préjugent de la décision qui sera prise sur les propos signalés cette fois-ci.