La contestation s’installe chez SFR alors que l’opérateur français se prépare à changer de propriétaire. Plusieurs centaines de salariés de SFR et de filiales d’Altice France se sont rassemblés mardi matin devant le siège du groupe, à l’appel d’une intersyndicale réunissant l’Unsa, la CFDT et la CFTC. Selon l’Unsa, environ 6 500 salariés du groupe étaient en grève à la mi-journée.
Le mouvement intervient après la conclusion d’un protocole d’accord portant sur la vente de l’opérateur pour 20,35 milliards d’euros. L’opération doit associer Bouygues Telecom, Iliad — maison mère de Free — et Orange, qui ont conclu un accord avec Altice France. Dans ce contexte, les représentants du personnel cherchent à obtenir des engagements précis sur le devenir des effectifs, des boutiques et des filiales techniques.
Les syndicats demandent des garanties de reclassement
Les organisations syndicales reprochent à la direction et aux futurs repreneurs de ne pas avoir suffisamment détaillé les conséquences sociales de la transaction. Une première demi-journée de grève avait déjà été organisée à la fin du mois de septembre. Cette fois, l’appel a été étendu à l’ensemble des salariés de l’opérateur, aux personnels des boutiques ainsi qu’aux salariés des filiales techniques ATS.
« Il y a ce projet de rachat et aujourd’hui on n’est pas informés des suites (...) Malheureusement, on ne sait pas précisément ce qui va se passer pour nous », a déclaré à l’AFP une salariée de SFR employée depuis 15 ans, qui a souhaité rester anonyme.
Les représentants du personnel indiquent avoir reçu samedi une proposition écrite, présentée comme la première depuis l’ouverture des discussions avec le consortium. Ce document reprendrait des éléments déjà évoqués lors des réunions organisées depuis le début de l’été, mais il ne répond pas aux attentes de l’intersyndicale.
Les demandes portent notamment sur le reclassement des salariés et sur les conditions financières d’un éventuel départ. Abdelkader Choukrane, secrétaire général d’Unsa et délégué syndical central de SFR, réclame une politique permettant de présenter trois postes à chaque salarié concerné. Les syndicats souhaitent également une revalorisation des indemnités prévues pour les personnes qui quitteraient l’entreprise.
« Ce qu’on demande, c’est une vraie politique de reclassement, en proposant trois postes pour chaque salarié », a déclaré Abdelkader Choukrane.
Une opération qui laisse les salariés dans l’attente
La mobilisation met en évidence l’incertitude qui accompagne le changement d’actionnaire de SFR. À ce stade, les éléments rendus publics dans les discussions ne permettent pas aux salariés de connaître précisément la répartition des emplois, les conditions de maintien dans les différentes entités ou les modalités d’accompagnement en cas de suppression de postes.
| Élément | Donnée communiquée |
|---|---|
| Valeur du protocole d’accord | 20,35 milliards d’euros |
| Salariés en grève à la mi-journée | Environ 6 500, selon l’Unsa |
| Organisations de l’intersyndicale | Unsa, CFDT et CFTC |
La journée de grève vise donc à peser directement sur les conditions de reprise avant la finalisation de la vente. Les salariés demandent que les discussions ne se limitent pas aux modalités financières de la transaction et intègrent un dispositif détaillé pour les emplois, les mobilités et les départs. Le mouvement intervient alors que les négociations avec les trois acheteurs se poursuivent sur l’avenir des personnels de SFR et de ses filiales.