L’Arcom a rappelé Sud Radio à ses obligations en matière de traitement de l’information après une séquence consacrée aux zones à faibles émissions. Dans une décision rendue publique, l’autorité considère que des propos tenus le 7 avril sur l’antenne de la station constituaient un manquement aux exigences de rigueur et d’honnêteté. La séquence avait été diffusée dans l’émission « La France dans tous ses états », présentée par Périco Legasse.
Une contestation des données sur la pollution de l’air
L’invité, Éric Michoux, député UDR et élu de Saône-et-Loire, s’était exprimé sur les zones à faibles émissions. Selon les éléments examinés par l’Arcom, il avait mis en doute la pollution attribuée à la consommation de gasoil et la fiabilité d’une estimation de Santé publique France concernant les décès liés à la pollution de l’air.
La séquence avait été signalée par Quotaclimat, une association qui milite pour un meilleur traitement médiatique des enjeux écologiques. Le collectif reprochait notamment à Sud Radio d’avoir laissé passer des affirmations contestant le chiffre de 40 000 décès associés aux particules fines, sans contradiction en studio. Cette donnée figure dans un rapport de Santé publique France publié le 29 janvier 2025.
« On entendait le chiffre de 40.000 personnes tous les ans tuées, 40.000 personnes, mais on n’en sait rien d’ailleurs, si c’est en quinze jours, un an, en deux ans, 40.000, c’est 40.000 »
Éric Michoux, sur Sud Radio
Le rôle de l’animateur et de la station en question
Pour l’Arcom, les propos étaient certes brefs et formulés sans affirmation développée, mais ils ne pouvaient être considérés indépendamment de l’absence de mise en perspective à l’antenne. L’autorité estime que les éléments diffusés manquaient de nuance et de contextualisation, alors que le chiffre évoqué correspond à une estimation annuelle fondée sur des travaux scientifiques.
La décision rappelle ainsi que la responsabilité éditoriale ne repose pas uniquement sur l’exactitude formelle d’une intervention. Lorsqu’une donnée de santé publique est contestée, la station doit également permettre aux auditeurs de comprendre son origine, sa période de référence et le degré de solidité des travaux auxquels elle se rapporte. Dans ce dossier, l’Arcom a retenu une défaillance dans l’encadrement de la séquence.
- Date de la séquence : 7 avril, dans « La France dans tous ses états » ;
- Thème : zones à faibles émissions, diesel et pollution atmosphérique ;
- Évaluation de l’Arcom : un manquement à la rigueur et à l’honnêteté de l’information.
Une nouvelle intervention du régulateur
Cette affaire intervient après la saisine de l’Arcom par Quotaclimat, qui a obtenu une nouvelle fois une décision favorable à la suite d’une contestation portant sur le traitement médiatique du climat. Elle illustre le contrôle exercé par le régulateur sur les radios lorsqu’une intervention remet en cause des données publiques sans apporter les éléments nécessaires à leur compréhension.
Pour Sud Radio, l’enjeu dépasse cette seule émission : les éditeurs doivent concilier la liberté de débat et les obligations fixées par la réglementation audiovisuelle. L’Arcom ne remet pas en cause le principe de la contradiction ou de la discussion sur les politiques environnementales, mais sanctionne ici l’absence de précautions et de contexte autour d’informations chiffrées relatives à la pollution de l’air.