L’Arcom prépare une sortie progressive de la FM, mais pas une extinction simultanée sur l’ensemble du territoire. Selon le calendrier présenté le 1er novembre 2026, la radio analogique pourrait commencer à s’éteindre par secteurs entre 2028 et 2033, après une phase préparatoire allant de 2024 à 2027. La bascule dépendra de la couverture du DAB+, la radio numérique terrestre, et de l’évolution des équipements comme des habitudes d’écoute.
Une bascule organisée territoire par territoire
Le dispositif envisagé par le régulateur repose sur une logique locale. Chaque zone pourrait passer de la FM au numérique à son propre rythme, sur le modèle du retrait progressif du réseau cuivre dans les télécommunications. L’extinction ne serait donc pas décidée en une seule fois pour toute la France, mais selon des secteurs annoncés à l’avance.
Cette méthode doit permettre de tenir compte des différences de couverture et d’usage entre les grandes agglomérations et les territoires moins densément peuplés. Le déploiement du DAB+ est déjà avancé dans les principales villes : au 31 mars 2026, le réseau couvrait deux tiers de la population, selon les données citées par jechange.fr. Le tiers restant se situe principalement en dehors des grandes agglomérations.
Deux conditions fixées avant toute extinction
La couverture du DAB+ ne suffira toutefois pas à déclencher l’arrêt de la FM. L’Arcom prévoit deux critères à réunir dans chaque zone concernée :
- un niveau élevé d’équipement des foyers en récepteurs compatibles avec le DAB+ ;
- une écoute majoritairement réalisée par voie numérique, via le DAB+ ou internet.
Le premier indicateur reste encore limité : 35 % des foyers disposeraient d’un récepteur DAB+, d’après WorldDAB. Le second critère apparaît plus difficile à atteindre. Au début de 2026, l’écoute de la radio par internet représentait 27,1 % du volume total, contre 24,5 % un an auparavant, selon Médiamétrie. Cette mesure ne comprend pas le DAB+, qui utilise lui aussi les ondes hertziennes, mais sur un réseau numérique.
Une couverture encore incomplète
Le réseau numérique terrestre a déjà gagné les grandes villes et, depuis septembre 2023, l’ensemble des agglomérations de plus de 175 000 habitants est concerné par son déploiement, selon les éléments rapportés. Des zones restent cependant dépourvues de multiplex, ces bouquets permettant de diffuser plusieurs radios sur une même fréquence.
| Indicateur | Donnée | Période ou origine |
|---|---|---|
| Couverture DAB+ | 2/3 de la population | 31 mars 2026 |
| Foyers équipés | 35 % | WorldDAB |
| Écoute par internet | 27,1 % | Début 2026, Médiamétrie |
| Écoute en direct par les ondes | 64 % | Arcom |
Ajaccio et Bastia sont les deux communes citées comme ne disposant encore d’aucun multiplex DAB+. Ajaccio est présentée comme la seule ville de plus de 50 000 habitants dans cette situation. Ces écarts illustrent l’enjeu de la prochaine phase : avant d’envisager une extinction locale, les pouvoirs publics devront s’assurer que les auditeurs disposent d’une solution de réception et que les radios peuvent effectivement être captées en numérique.
Un changement qui concerne les auditeurs et les radios
Pour le public, le calendrier signifie que la disparition de la FM ne serait ni immédiate ni uniforme. Les équipements anciens pourraient devenir inutilisables dans les secteurs concernés si les foyers ne disposent pas d’un poste DAB+ ou d’un accès à la radio par internet. Le rythme de la transition dépendra donc autant des infrastructures que du renouvellement des récepteurs et de la progression réelle des usages numériques.
Pour les éditeurs, le DAB+ offre une diffusion numérique terrestre, mais il ne supprime pas les contraintes de couverture. La coexistence entre FM, DAB+ et écoute en ligne devrait se poursuivre pendant la phase préparatoire. Le chiffre de 64 % de Français écoutant encore la radio en direct par les ondes, FM et DAB+ confondus, montre que la radio hertzienne reste centrale. L’Arcom devra ainsi arbitrer entre l’objectif de modernisation du réseau et la nécessité de maintenir un accès suffisamment large au média radiophonique.