Multiplication des incidents et marché noir des données
Une enquête publiée par L'Echo souligne une nette accélération des fuites de données en Belgique : au moins 47 entreprises et institutions auraient été affectées en 2026, contre 40 entités recensées sur l'ensemble de 2025 par le Centre pour la Cybercriminalité en Belgique (CCB), selon les informations relayées par le quotidien économique.
Les fichiers compromis comprennent des informations variées et souvent sensibles : noms, dates de naissance, numéros de compte, numéros de téléphone, adresses et, dans certains cas, photos de famille. Ces jeux de données peuvent ensuite être proposés à la vente sur les marchés clandestins du web (« dark web »), parfois pour quelques centaines d'euros seulement, détaille l'enquête.
"Avec l'IA, les volumes des piratages et des fuites de données vont se multiplier dans les prochains mois" — Mathias Vissers, cofondateur de Fox&Fish (cité par L'Echo).
Pourquoi l'IA inquiète les spécialistes
Des experts et acteurs du secteur interrogés par L'Echo mettent en garde : l'usage croissant d'outils d'intelligence artificielle permet d'automatiser des phases d'attaque (recherche de cibles, assemblage de profils, génération de messages de fraude), ce qui pourrait augmenter tant le volume que la sélectivité des campagnes malveillantes. Le cofondateur de Fox&Fish, Mathias Vissers, alerte sur un « choc » à venir si les organisations n'anticipent pas ces évolutions.
Conséquences pour les victimes et modes d'exploitation
Lorsque des données personnelles circulent sur des marchés illégaux, elles sont fréquemment recoupées avec d'autres sources pour améliorer la crédibilité des attaques ciblées — notamment des opérations d'hameçonnage (phishing). L'Echo rappelle que ces combinaisons peuvent transformer des éléments apparemment anodins (une adresse, une date de naissance, une photo) en vecteurs puissants d'abus.
- Types de victimes : collectivités locales, établissements de santé, agences de voyages, entreprises privées.
- Données exposées : identifiants nominaux, coordonnées, numéros de comptes, photos.
- Impact opérationnel : hausse du risque de phishing, fraude financière et usurpation d'identité.
Chiffres récents
| Période | Entités recensées compromisees | Source |
|---|---|---|
| 2025 (année) | 40 | CCB (rapport cité par L'Echo) |
| 2026 (à date) | 47 | L'Echo (enquête) |
Réponses possibles et responsabilités
Les auteurs de l'enquête et les spécialistes consultés appellent à une combinaison de mesures : renforcement des protections techniques, réduction des surfaces d'exposition des données, surveillance des marchés illicites et campagnes de sensibilisation ciblées vers les organisations les plus exposées. L'article de L'Echo insiste aussi sur la nécessité d'une coopération renforcée entre autorités (police, régulateurs) et acteurs privés pour détecter et contenir les fuites avant leur commercialisation.
Pour la communauté des médias et des entreprises numériques, cette évolution pose une double exigence : protéger des bases qui contiennent des données de lecteurs, clients et salariés, et prévenir que ces informations ne soient exploitées pour des campagnes de désinformation ou de fraude ciblée amplifiées par des outils automatisés.