Un plan de départs de 400 personnes lié à « EBRA 2030 »
Le groupe de presse EBRA (Est‑Bourgogne‑Rhône‑Alpes), détenu par le Crédit mutuel, a détaillé un plan stratégique baptisé « EBRA 2030 » qui passe par la suppression de 400 postes au sein de ses effectifs, selon le reportage publié par NVO. L'objectif annoncé par la direction est d'absorber la baisse des diffusions papier et d'accélérer la transition numérique en automatisant des tâches actuellement réalisées par des équipes humaines. Le plan, dévoilé en juin, doit commencer à s'appliquer en janvier 2027 (source : NVO).
Rédactions, imprimerie, ventes : quels services sont touchés ?
La réduction d'effectifs concerne plusieurs services : la rédaction (notamment des postes de secrétaires de rédaction), l'imprimerie, l'administration des ventes et le studio graphique, d'après NVO. EBRA compte actuellement environ 3 200 salariés et la suppression de 400 postes représente donc une baisse de plus de 10 % de l'effectif total. En parallèle, le groupe prévoit la création de 68 postes (NVO).
| Service | Mesure évoquée |
|---|---|
| Rédaction (secrétaires de rédaction) | Suppressions significatives / assistés par IA |
| Studio graphique / mise en page | Automatisation de la mise en page des éditions |
| Imprimerie, administration des ventes | Réductions d'effectifs |
Comment l'IA doit-elle être déployée ?
Selon une interview citée par Le Monde et relayée dans NVO, Sophie Gourmelen, présidente du groupe EBRA, a expliqué que la mise en page des 81 éditions serait automatisée et qu'un assistant IA serait déployé pour aider à calibrer les articles des correspondants. La direction prévoit de déployer trois outils pour ces tâches (NVO).
« La mise en page des 81 éditions sera automatisée et un assistant IA permettra de mieux calibrer les articles des correspondants. » — Sophie Gourmelen, présidente d'EBRA (citée par Le Monde, relayé par NVO).
Mobilisation et craintes des salariés
La perspective de suppressions massives suscite une mobilisation interne : grèves, tribunes et signalements à l'inspection du travail ont été engagés par des salariés du groupe, rapporte NVO. Delphine Banas, déléguée SNJ‑CGT au Républicain Lorrain, fait part d'une inquiétude diffuse : « c’est l’angoisse, on ne sait pas si on va avoir encore du boulot en janvier », précise NVO. Au‑delà de la menace d'emploi, les équipes redoutent une perte de sens et la transformation du travail journalistique si des tâches journalistiques courantes sont automatisées.
Enjeux pour la presse régionale et questions ouvertes
EBRA est un acteur majeur de la presse quotidienne régionale, propriétaire de titres comme Le Progrès, L’Est Républicain, Le Dauphiné Libéré, Les Dernières Nouvelles d’Alsace et d'autres — une présence concentrée dans la moitié Est du pays (NVO). Le plan soulève plusieurs interrogations : comment garantir la qualité et la vérification de l'information lorsque des outils automatiques prennent en charge la mise en forme et le calibrage des articles ? Quels dispositifs d'accompagnement seront proposés aux salariés concernés (reclassement, formation, indemnités) ? Quel sera l'impact sur la proximité rédactionnelle et la production locale d'enquêtes ?
- Chiffres clés : 400 suppressions, 3 200 salariés totaux, 68 créations de postes, 81 éditions (source : NVO ; entretien cité dans Le Monde relayé par NVO).
- Calendrier : plan annoncé en juin, application prévue en janvier 2027 (source : NVO).
- Outils : trois outils devraient être déployés pour automatiser la mise en page et assister le calibrage des articles (source : NVO).
La transformation annoncée chez EBRA s'inscrit dans un mouvement plus large de numérisation des groupes de presse confrontés à l'érosion des ventes papier et à la concurrence des plateformes numériques. Elle pose cependant des choix éditoriaux et sociaux majeurs auxquels devront répondre la direction du groupe, les représentants du personnel et les autorités compétentes si la mobilisation se poursuit.