Google internationalise la publicité dans AI Mode, la version de son moteur de recherche qui formule des réponses à l’aide de l’intelligence artificielle. Les annonces, expérimentées aux États-Unis depuis 2025, sont désormais proposées dans dix pays supplémentaires. Cette évolution intervient alors qu’Alphabet, la maison mère de Google, a annoncé un chiffre d’affaires trimestriel de 127,6 milliards de dollars, en progression de 25 % sur un an au troisième trimestre.
Un déploiement progressif hors des États-Unis
La nouvelle version publicitaire d’AI Mode est accessible en Australie, au Canada, en Inde, au Kenya, en Malaisie, en Nouvelle-Zélande, au Nigeria, au Pakistan, aux Philippines et à Singapour. Google prévoit d’élargir encore le dispositif au quatrième trimestre, notamment au Mexique, au Brésil et au Royaume-Uni. La France ne figure pas dans la liste des marchés annoncés pour cette phase.
Le principe modifie la place de l’annonce dans le parcours de recherche. Au lieu d’apparaître uniquement sous la forme d’une liste de liens ou de produits sponsorisés, une publicité peut être intégrée à la réponse produite par l’intelligence artificielle. L’utilisateur peut ainsi voir une offre commerciale pendant la formulation de sa demande, sans effectuer une nouvelle recherche consacrée au produit ou au service concerné. Google présente cette insertion comme un moyen de rapprocher la publicité du contexte précis de la question posée.
Des résultats commerciaux revendiqués par Google
Google affirme que les taux de clics observés en mode IA sont déjà comparables entre les annonces de produits et les résultats non sponsorisés. L’entreprise ne communique toutefois, dans les éléments disponibles, ni le niveau de ces taux ni le volume de campagnes concernées. Ces données restent donc difficiles à apprécier indépendamment, d’autant qu’elles proviennent de Google lui-même et ne sont pas accompagnées d’une mesure externe.
| Indicateur | Élément communiqué | Période ou périmètre |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires d’Alphabet | 127,6 milliards de dollars | Troisième trimestre |
| Évolution du chiffre d’affaires | +25 % | Sur un an, selon Alphabet |
| Déploiement publicitaire | 10 nouveaux pays | Annonce du 28 octobre 2026 |
| Durée moyenne des requêtes AI Mode | 3 fois plus longue | Comparaison avec les recherches classiques, selon Google |
Le moteur constitue aussi un espace conversationnel. Aux États-Unis, Google ajoute des annonces dans les questions de suivi, et non plus seulement lors de la requête initiale. Une conversation prolongée pourrait donc devenir un nouvel emplacement publicitaire, avec des annonces susceptibles d’apparaître au fil des échanges. La firme estime que ce fonctionnement ouvre des possibilités de monétisation supplémentaires, mais son déploiement soulève une question centrale pour les annonceurs : la visibilité dans une réponse générée ne se mesure pas de la même manière que dans une page de résultats classique.
La lisibilité des annonces reste un enjeu
Google indique que les publicités porteront la mention « sponsorisée ». Cette signalétique doit permettre de distinguer le contenu commercial de la réponse produite par l’outil. La séparation peut néanmoins devenir plus délicate lorsque l’annonce est insérée directement dans un texte ou dans une recommandation générée. Pour les utilisateurs, la compréhension de ce qui relève de l’algorithme, de l’information organique ou de l’achat média dépendra donc aussi de la présentation retenue par Google.
La firme affirme par ailleurs vouloir privilégier des annonces jugées utiles et adaptées à la demande, plutôt qu’une multiplication indifférenciée des formats. Cette promesse reste à vérifier à mesure que le dispositif s’étendra. Les premiers chiffres d’usage communiqués par Google montrent que les requêtes adressées à AI Mode sont en moyenne trois fois plus longues que les recherches ordinaires. Ce comportement peut fournir davantage de contexte aux systèmes publicitaires, mais il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une meilleure pertinence commerciale ou à une hausse des performances pour les marques.
Pour Alphabet, l’enjeu est de préserver la puissance économique de son activité de recherche alors que les interfaces conversationnelles déplacent progressivement l’attention. Pour les annonceurs, l’arrivée de ces formats ouvre un inventaire supplémentaire, mais aussi une zone d’incertitude sur le contrôle du message, la visibilité réelle de la marque et la mesure des clics. Le déploiement annoncé ne constitue donc pas une rupture immédiate du modèle publicitaire de Google : il traduit plutôt son adaptation à des réponses où l’intention de recherche est reformulée et synthétisée par l’intelligence artificielle.
- AI Mode accueille des publicités dans dix nouveaux pays après des tests américains lancés en 2025.
- Google prévoit d’insérer aussi des annonces dans les questions de suivi aux États-Unis.
- Les performances et la pertinence avancées par l’entreprise restent fondées sur des données internes, sans détail complet communiqué.