Le groupe TF1 a subi un net ralentissement de son activité au cours des neuf premiers mois de 2026, dans un marché publicitaire télévisé toujours sous pression. D’après les résultats communiqués par TF1 et rapportés par France 24, le chiffre d’affaires consolidé s’est établi à 1,45 milliard d’euros sur la période, soit une diminution de 9 % sur un an. À périmètre et taux de change constants, le recul atteint 6,6 %.
La principale difficulté vient de la publicité diffusée sur les chaînes linéaires. Cette activité a généré 1,02 milliard d’euros entre janvier et septembre 2026, contre 1,12 milliard un an plus tôt. Pierre-Alain Gérard, directeur général adjoint en charge des finances et de la stratégie du groupe, a expliqué que cette baisse constituait le facteur essentiel du repli des revenus. Le troisième trimestre a par ailleurs marqué, selon TF1, un quatrième trimestre consécutif de recul plus marqué qu’attendu pour le marché de la publicité télévisée.
«Le T3 (3e trimestre) 2026 marque un quatrième trimestre consécutif de recul plus prononcé qu’anticipé du marché de la publicité linéaire.»
Un bénéfice net amputé de plus de 40 %
Cette contraction des recettes publicitaires se retrouve directement dans les résultats du groupe. Le bénéfice net part du groupe atteint 71 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2026, contre 123 millions d’euros sur la même période de 2025, soit une baisse de 42,2 %. TF1 indique néanmoins avoir préservé une marge des activités de 7,6 % à la fin du mois de septembre, un niveau présenté comme conforme à sa trajectoire pour l’exercice 2026.
Pour limiter l’effet du marché publicitaire dégradé, le groupe dit avoir ajusté ses dépenses. Pierre-Alain Gérard évoque notamment des arbitrages sur le coût des programmes face à la Coupe du monde de football diffusée chez M6, qui avait obtenu les meilleures audiences en juin et juillet. TF1 mentionne également un contrôle renforcé des autres coûts internes. Ces mesures ont permis de contenir la pression sur les comptes, sans empêcher le recul du résultat net.
Le numérique progresse, mais ne compense pas encore le linéaire
La stratégie de diversification du groupe repose notamment sur TF1+, sa plateforme de streaming. Son lancement sur Netflix durant l’été 2026 s’est accompagné, selon TF1, d’une accélération des recettes publicitaires numériques au troisième trimestre. Sur les neuf premiers mois de l’année, ces revenus ont atteint 160 millions d’euros, contre 134 millions en 2025, soit une progression de 20,5 %. Cette hausse reste toutefois insuffisante pour neutraliser la baisse enregistrée sur les chaînes traditionnelles.
| Indicateur | 2025 | 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires consolidé | — | 1,45 Md€ | -9 % |
| Publicité du groupe | 1,12 Md€ | 1,02 Md€ | En baisse |
| Résultat net part du groupe | 123 M€ | 71 M€ | -42,2 % |
| Publicité numérique | 134 M€ | 160 M€ | +20,5 % |
TF1 met aussi en avant le développement du paiement à l’acte sur TF1+. Le groupe comptabilise 2 millions de transactions depuis le début de 2026, dont plus de 850 000 au seul mois de septembre. Ces données témoignent d’une recherche de nouvelles sources de revenus autour de la plateforme, mais elles ne remettent pas en cause le constat central des résultats : la publicité numérique progresse alors que le modèle linéaire demeure la principale zone de faiblesse.
Une situation financière encore présentée comme solide
Malgré la baisse du chiffre d’affaires et du bénéfice, TF1 indique disposer d’un excédent financier net de 382 millions d’euros. Le groupe maintient par ailleurs ses objectifs pour 2026. La direction s’appuie sur ses économies, sur l’exploitation de ses programmes et sur le développement de TF1+ pour traverser un environnement publicitaire défavorable. Les résultats des prochains mois permettront de mesurer si la croissance du numérique peut progressivement réduire la dépendance aux recettes des chaînes de télévision classiques.
- 1,45 milliard d’euros de chiffre d’affaires sur neuf mois, en baisse de 9 %.
- Le bénéfice net part du groupe recule de 42,2 %, à 71 millions d’euros.
- La publicité numérique progresse de 20,5 %, sans compenser le recul du linéaire.