AURIGA renforce ses moyens dans la cybersécurité européenne. La société de gestion annonce un closing intermédiaire de 80 millions d’euros pour son deuxième véhicule, AURIGA CYBER VENTURES II. La collecte n’est pas terminée : l’équipe vise désormais 100 millions d’euros, avec une capacité maximale fixée à 120 millions d’euros. Ce nouveau fonds dépasse déjà la taille du premier, qui avait atteint 55 millions d’euros en 2022.
L’opération intervient alors que les entreprises européennes de la cybersécurité cherchent des capitaux capables de couvrir plusieurs étapes de leur développement. Le positionnement retenu par AURIGA ne se limite pas au financement initial. Le fonds prévoit d’intervenir du pré-seed à la série A, puis de remettre au pot lorsque les sociétés commencent à valider leur produit et à gagner des clients. Cette stratégie vise à éviter qu’une jeune entreprise doive rechercher un nouvel investisseur trop rapidement après son premier tour de table.
Une réserve destinée aux tours suivants
Environ la moitié des ressources du véhicule doit être consacrée aux réinvestissements dans les participations les plus prometteuses. AURIGA entend ainsi augmenter progressivement son exposition aux entreprises qui démontreront leur capacité à développer leur offre et à convaincre le marché. Ce choix distingue le fonds d’une approche concentrée sur la seule détection de projets très précoces : le capital doit aussi servir à accompagner la phase où les coûts commerciaux, techniques et organisationnels augmentent.
- 80 millions d’euros ont été réunis lors du closing intermédiaire annoncé en octobre 2026 ;
- 100 millions d’euros constituent l’objectif de collecte ;
- 120 millions d’euros représentent le plafond du deuxième véhicule ;
- le portefeuille visé doit compter une trentaine de start-up européennes ;
- les tickets annoncés vont de 500 000 euros à 5 millions d’euros.
Des investissements minoritaires, du démarrage à la croissance
AURIGA prévoit de prendre des participations minoritaires dans les sociétés financées. Les montants annoncés couvrent donc plusieurs besoins : un investissement de 500 000 euros peut répondre aux premières dépenses d’une jeune pousse, tandis qu’un ticket pouvant atteindre 5 millions d’euros vise des tours plus importants ou des opérations de suivi. La société de gestion ne précise pas, dans les éléments communiqués, la répartition exacte du capital entre les différents stades ni les entreprises qui composeront le portefeuille.
Le deuxième véhicule compte notamment sur Bpifrance parmi ses souscripteurs. L’intervention passe par le Fonds national d’amorçage 3, géré pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030. Ces souscripteurs apportent les capitaux que le fonds investit ensuite dans les start-up. La présence de Bpifrance inscrit cette collecte dans les dispositifs français de soutien à l’amorçage, tout en conservant une cible d’investissement européenne.
| Véhicule | Montant | Positionnement |
|---|---|---|
| Premier fonds, 2022 | 55 M€ | Référence précédente d’AURIGA |
| AURIGA CYBER VENTURES II | 80 M€ réunis | Closing intermédiaire, octobre 2026 |
| Objectif du fonds II | 100 M€ | Collecte visée |
| Plafond du fonds II | 120 M€ | Capacité maximale annoncée |
Le financement de la cyber reste l’enjeu central
Au-delà du montant collecté, l’intérêt de l’opération tient donc à la continuité du financement. Une start-up de cybersécurité doit généralement financer sa recherche, transformer une technologie en produit, puis gagner la confiance de clients souvent soumis à des contraintes fortes de sécurité et de conformité. En réservant des capitaux aux tours ultérieurs, AURIGA cherche à accompagner cette progression plutôt qu’à abandonner ses participations au moment où les besoins financiers augmentent.
Le fonds annonce vouloir soutenir environ trente start-up européennes, mais aucun calendrier d’investissement ni aucune liste de sociétés ciblées n’est fourni. L’issue de la collecte déterminera la capacité finale du véhicule : à ce stade, 80 millions d’euros sont sécurisés, tandis que les seuils de 100 millions et de 120 millions d’euros correspondent respectivement à l’objectif et au plafond annoncés. L’opération illustre néanmoins la volonté de consacrer des véhicules spécialisés aux premières phases de la cybersécurité, avec une réserve de capital pour les entreprises capables de passer du prototype au marché.