Reporters sans frontières (RSF) publie son édition 2026 des acteurs qu’elle considère comme les plus nuisibles à la liberté de la presse. L’organisation recense 33 personnes, formations politiques ou entreprises, accusées d’avoir exercé des pressions sur les médias ou les journalistes. Les méthodes mentionnées vont de la violence physique à l’emprisonnement, en passant par les contraintes économiques et les mesures législatives.
La liste est organisée autour de cinq catégories, qui correspondent aux indicateurs utilisés par RSF dans son classement mondial de la liberté de la presse : les dimensions politique, sécuritaire, économique, juridique et sociale. Cette présentation entend couvrir des formes de pression différentes, qu’elles s’exercent directement contre les journalistes ou qu’elles affectent les conditions dans lesquelles les médias travaillent.
Des dirigeants déjà cités et de nouveaux entrants
Plusieurs noms présents dans l’édition précédente réapparaissent. RSF cite notamment Vladimir Poutine, président de la Russie, et Daniel Ortega, président du Nicaragua. L’organisation mentionne également les cartels mexicains, ainsi que le Parti communiste chinois dirigé par Xi Jinping. Dans son appréciation, RSF affirme que la Chine abrite « la plus grande prison du monde pour les journalistes ».
Les forces armées israéliennes, dirigées par Benyamin Netanyahou selon la présentation de RSF, figurent aussi dans le rapport. L’association leur reproche une politique répressive à l’égard des journalistes à Gaza, en Cisjordanie et au Liban. Ces accusations s’inscrivent dans une liste où les atteintes à la liberté d’informer sont examinées selon des contextes politiques et sécuritaires distincts.
| Éléments recensés par RSF | Données indiquées pour 2026 |
|---|---|
| Nombre d’acteurs cités | 33 |
| Catégories d’atteintes | 5 |
| Entreprises technologiques mentionnées | Alphabet et Meta |
Les entreprises technologiques dans la catégorie économique
Le rapport ne se limite pas aux responsables politiques ou aux groupes armés. Alphabet, qui regroupe notamment Google et YouTube, ainsi que Meta, propriétaire d’Instagram, Facebook et WhatsApp, sont classés parmi les menaces économiques. RSF les distingue donc des acteurs accusés de recourir à la répression politique ou à la violence, en les associant aux enjeux de pouvoir économique dans l’écosystème de l’information.
Le milliardaire français Vincent Bolloré figure également dans l’inventaire. RSF rappelle qu’il détient plusieurs médias, parmi lesquels CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche. Sa présence donne à cette édition une dimension française, alors que le rapport examine plus largement les concentrations de pouvoir et les pressions susceptibles d’affecter le pluralisme médiatique.
« La liste des prédateurs, c’est un peu les Razzie Awards de RSF, un couronnement du pire de ce qui est tenté et attenté contre la presse. »
Cette formule est signée Thibaut Bruttin, directeur général de RSF. Il explique que l’association ne retient que les dirigeants et organisations qui, au terme de l’année écoulée, auraient fait preuve d’un acharnement particulièrement manifeste contre la presse. RSF signale aussi le remplacement de certains acteurs dans la liste : Ali Khamenei, Nicolas Maduro, Viktor Orban et Aleksandar Vucic n’y figurent plus, tandis que d’autres y font leur entrée.
Donald Trump fait son entrée dans la liste
Parmi les nouveaux noms cités, RSF mentionne Donald Trump, président des États-Unis. L’organisation ajoute ainsi le chef de l’exécutif américain à un ensemble déjà composé de dirigeants autoritaires, de groupes criminels, d’entreprises et d’organisations politiques. Le rapport ne présente donc pas une hiérarchie unique des menaces, mais une cartographie de pressions de nature différente sur le droit à l’information.
- 33 acteurs sont recensés dans l’édition 2026 de RSF.
- Le classement distingue les dimensions politique, sécuritaire, économique, juridique et sociale.
- Alphabet, Meta et Vincent Bolloré apparaissent au titre des menaces pesant sur l’économie des médias.