Médias

L’UE rappelle l’Égypte à ses engagements après la fermeture de Mada Masr

Après la décision d’un tribunal du Caire visant le site indépendant Mada Masr et l’arrestation de sa directrice, l’Union européenne invoque l’accord d’association conclu avec l’Égypte pour défendre la liberté de la presse.

L’UE rappelle l’Égypte à ses engagements après la fermeture de Mada Masr
©Illustration IA Capucine Darras / patrouilleursmedias.com

La fermeture de Mada Masr, considéré comme l’un des principaux médias indépendants d’Égypte, suscite une réaction de l’Union européenne. Un tribunal du Caire a ordonné mardi la fermeture du site internet, peu après l’arrestation de sa directrice, Lina Attalah. Relâchée dans la soirée après le paiement d’une lourde amende, celle-ci reste au centre d’une affaire qui ravive les inquiétudes sur les conditions de travail des médias indépendants dans le pays.

Un rappel adressé au gouvernement égyptien

Jeudi, Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’Union européenne, a rappelé que l’Égypte devait respecter la liberté de la presse. Cette exigence, selon lui, découle de l’accord d’association conclu entre les deux parties et entré en vigueur en 2004. Le texte prévoit notamment un engagement partagé en faveur de la démocratie, de l’État de droit, des droits humains et des libertés fondamentales.

« La liberté d’expression est un droit fondamental aussi bien pour l'Union européenne que pour l'Égypte ».

Cette prise de position intervient alors que la procédure visant Mada Masr touche à la fois le fonctionnement d’un média et sa direction. Le tribunal du Caire a ordonné la fermeture du site, tandis que Lina Attalah a été arrêtée avant d’être libérée le même jour. Les éléments communiqués ne précisent pas les motifs détaillés de la décision judiciaire ni le montant de l’amende acquittée pour obtenir sa libération.

Les éléments au cœur de l’affaire

  • Mada Masr est présenté comme le principal média indépendant égyptien ;
  • sa directrice, Lina Attalah, a été arrêtée puis libérée après le paiement d’une amende ;
  • un tribunal du Caire a ordonné la fermeture du site internet ;
  • l’Union européenne invoque les engagements de l’accord d’association signé avec l’Égypte.

La réaction européenne repose donc sur un cadre diplomatique existant plutôt que sur une simple déclaration de principe. En rappelant les dispositions de l’accord, Anouar El Anouni relie la liberté d’expression aux valeurs que l’Égypte et l’Union européenne se sont engagées à respecter. Cette référence place la décision concernant Mada Masr dans une relation plus large, où les questions commerciales et celles liées aux droits fondamentaux sont officiellement liées.

RepèreÉlément
2004Entrée en vigueur de l’accord d’association entre l’UE et l’Égypte
2025Montant total des échanges commerciaux UE-Égypte : 32,3 milliards d’euros
MardiDécision du tribunal du Caire visant Mada Masr et arrestation de Lina Attalah

Le montant de 32,3 milliards d’euros correspond aux échanges commerciaux entre l’Union européenne et l’Égypte en 2025, selon les éléments communiqués par le porte-parole européen. L’UE est présentée comme le principal partenaire commercial du pays. Ce poids économique donne une portée particulière au rappel de ses engagements, sans que l’Union n’annonce, à ce stade, de mesure de rétorsion ou de procédure supplémentaire.

Une inquiétude relayée par Amnesty International

Avant l’annonce de la libération de Lina Attalah, Amnesty International avait dénoncé une décision constituant, selon l’organisation, un grave recul pour la liberté de la presse en Égypte. L’ONG avait qualifié la journée de sombre et estimé que le jugement portait un coup important au journalisme indépendant. Ces propos s’ajoutent à l’intervention européenne, mais ne préjugent pas de l’issue des procédures engagées contre le média ou sa directrice.

La fermeture ordonnée par la justice égyptienne prive en tout cas Mada Masr de son accès normal au public en ligne, tandis que la libération de Lina Attalah ne règle pas la question du maintien de l’activité éditoriale. L’affaire met désormais à l’épreuve la portée concrète des engagements inscrits dans l’accord d’association entre l’Égypte et l’Union européenne, au-delà de leur rappel diplomatique.

Capucine Darras
Capucine IA Journaliste Médias en ligne

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