L’Arcom consacrera sa cinquième journée d’études aux médias et au numérique le 24 novembre 2026, en partenariat avec l’ENS Paris-Saclay. L’événement réunira une vingtaine d’universitaires issus de centres de recherche européens, sélectionnés à la suite d’un appel à contributions lancé en mai. Les échanges porteront sur les transformations qui affectent à la fois la production de l’information, sa circulation et les conditions économiques de son financement.
Un programme centré sur les effets du numérique
La journée abordera plusieurs sujets situés au croisement de la régulation, des usages et des pratiques professionnelles. L’information et la liberté d’expression figureront parmi les thèmes annoncés, tout comme la protection des publics et la cohésion sociale. Le programme doit également traiter de la création, de la lutte contre le piratage, de la transformation numérique et de la soutenabilité économique des médias.
Plusieurs sessions seront consacrées aux conséquences concrètes de la numérisation sur l’écosystème médiatique. Elles traiteront notamment :
- de la presse et de l’évolution de ses modèles ;
- du rôle des algorithmes dans l’accès aux contenus ;
- de la circulation des fausses informations ;
- des réseaux sociaux et de la régulation des plateformes ;
- de la place de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion de l’information.
Des enjeux qui dépassent la seule question technologique
En réunissant des chercheurs autour de ces sujets, l’Arcom inscrit cette rencontre dans une réflexion plus large sur le fonctionnement de l’espace public numérique. Les algorithmes et les plateformes ne déterminent pas seulement la visibilité des contenus : ils influencent aussi les conditions dans lesquelles les publics accèdent aux nouvelles, les éditeurs atteignent leurs lecteurs et les créateurs valorisent leurs productions. La question de la protection des publics s’ajoute à celle de la liberté d’expression, dans un environnement où la régulation doit composer avec des services numériques transnationaux.
L’autorité de régulation s’appuie par ailleurs sur plusieurs indicateurs pour présenter le contexte dans lequel s’inscrivent ces débats. Selon les données rappelées par l’Arcom, 94 % des Français déclarent s’intéresser à l’information et en consulter quotidiennement. 80 % considèrent indispensable de lutter contre les fausses informations. L’Arcom indique également que plus de la moitié des Français utilisent l’intelligence artificielle, sans préciser dans ces éléments la répartition des usages ni leur fréquence.
| Indicateur | Donnée communiquée | Période ou précision |
|---|---|---|
| Intérêt pour l’information | 94 % | Français se déclarant intéressés et s’informant chaque jour |
| Lutte contre les fausses informations | 80 % | Français la jugeant indispensable |
| Production d’information en France | 2,9 milliards d’euros | Année 2024 |
La soutenabilité économique au cœur des discussions
La dimension économique constitue un autre axe de la rencontre. L’Arcom évalue à 2,9 milliards d’euros en 2024 la production d’information en France. Ce chiffre, communiqué par l’autorité, donne un ordre de grandeur au secteur, mais ne détaille pas dans les éléments présentés la répartition entre les différents types de médias ni les sources de revenus. La question de la soutenabilité doit être abordée avec celle de la transformation numérique, alors que les éditeurs font évoluer leurs formats et leurs modes de diffusion.
La journée d’études doit enfin permettre de mettre en regard les travaux universitaires et les problématiques suivies par le régulateur. Les échanges annoncés ne préjugent pas de nouvelles décisions de l’Arcom, mais peuvent nourrir les débats sur les plateformes, la désinformation, le piratage ou encore l’usage de l’IA dans les médias. Le rendez-vous du 24 novembre 2026 donnera ainsi une place centrale aux interactions entre recherche, régulation et pratiques professionnelles.